Trop de « putain » et de « fuck » dans ce billet !

Putain j’ai foiré le calendrier de l’Avent. Je savais que les derniers jours seraient compliqués, entre mon départ pour rejoindre ma famille pendant les fêtes et mes lunes qui allaient débarquer. Ça n’a pas loupé, ça a même été pire que prévu et je voulais écrire un billet pour m’en plaindre. Ça aurait causer d’une histoire de cas contact, de Noël en famille compromis, de location de voiture et de lève-personne à annuler, de billets de train à échanger, d’auxiliaires de vie à réorganiser, de période de merde à supporter et de discours anti-vaccin à écouter sans broncher puisque tu n’es qu’un putain de mouton à la botte du gouvernement et de Big Pharma ! Mais finalement j’ai pu partir alors ma complainte de Noël est tombée à l’eau.

Ouais je voulais écrire un article pour me plaindre. Geindre sur mon sort de pauvre petite handicapée qui loue un « mini-bus PMR » trop petit et mal foutu, dans lequel elle doit monter grâce à des rampes en carton dignes d’une épreuve de Kho Lanta et voyager presque allongée. Râler de devoir impérativement réserver le train 48h à l’avance sous peine de ne pas avoir l’accompagnement en gare et ne pas pouvoir accéder à la rame. Garder le sourire devant les mines exaspérées des voyageurs qui doivent enlever leurs fucking valises de MA fucking place pour que je puisse simplement m’installer. Et leur dire merci putain.

Je suis fatiguée je vous jure de cette charge mentale de dingue liée au manque d’accessibilité de cette société égoïste qui n’imagine pas qu’un jour elle sera au mieux vieille, au pire complètement grabataire. Mes émotions envahissent tout et je n’arrive plus à relativiser. J’en viens à souhaiter aux gens de se casser la jambe pour qu’ils comprennent. Mais même là ils entravent que dalle, ils sont tout contents d’avoir priorité aux fucking caisses des supermarché, comme si ça pouvait compenser quoi que ce soit ou que ce serait une sorte de privilège. Je vais vous donner un scoop : je m’en bas les steaks d’être prioritaire ! Je veux juste me barrer le plus vite possible de ce calvaire où se mêlent pitié et condescendance. J’en peux plus de vos regards appuyés, de vos paroles déplacées et de vos gestes maladroits. Putain mais fermez la et regardez ailleurs si je vous mets mal à l’aise. Je suis overdosée.

J’entends les gens hurler à la privation de liberté parce qu’ils ne peuvent plus aller au cinéma ou au restaurant sans pass sanitaire. Ça me fait bien marrer quand t’as passé les trois quarts de ta vie à te demander si tu vas au moins pouvoir aller pisser là où tu te rends. La liberté de se déplacer et d’accéder aux bâtiments, aux services, à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs … est refusée à des millions de gens en France sans que personne ne s’en émeuve et ce depuis des dizaines d’années et malgré des lois et des obligations. Mais c’est pas bien grave ce ne sont que des handicapés, des sous-citoyens, des situations tellement peu enviables qu’il suffit de les ignorer. On s’en fout ! Faudrait pas que ça gâche la fête. Démerdez vous les estropiés et les vieux et surtout, restez chez vous ! Et profitez-en pour vous faire vacciner, c’est vous les fragiles ! Et nous les bien-portants, les « en pleine forme Simone », on pourra continuer nos petites vies pépères. Putain mais ça me soûle !

La solidarité n’existe pas. Ou plus. Ou si peu qu’elle en devient exceptionnelle.

Je voulais écrire un billet pour me plaindre mais je ne le ferai pas. Il y aurait trop à dire et au final ça ne sert à rien. Mais putain que ça fait du bien de déverser un peu de boue ! Et c’est pas bien grave, demain je ne me souviendrai pas avoir écrit tout ça. Je serai en train de réfléchir à mes prochains déplacements et de stresser. Pourtant je ne veux pas me couper du monde. Je ne veux pas terminer ma vie seule et aigrie. Je ne veux pas perdre espoir. S’il fallait que je prenne une seule décision pour 2022 ce serait de rester présente au monde, de me sentir vivante encore. Mais c’est un peu ambitieux je crois, j’ai même pas tenu jusqu’au bout mon fucking calendrier de l’Avent. Putain !

Que la lumière soit !

Cette nuit du 21 décembre sera la plus longue de l’année. C’est une période où beaucoup d’entre nous dépriment, où le manque de soleil nous mine le moral. Pourtant le solstice d’hiver marque le retour de la lumière, laquelle va grignoter jour après jour l’obscurité, jusqu’au solstice d’été. Vu sous cet angle, il y a quelque chose de magique à célébrer cette longue nuit, à s’y plonger entièrement, à s’imprégner de ce qu’elle représente traditionnellement sans que nous n’en ayons conscience. J’aime beaucoup cette vidéo de Ketty Orain-Ferella, qui nous explique les origines de Noël et évoque Yule et le solstice d’hiver.

Je vais profiter de cette journée la plus courte de l’année pour fignoler mon ✨Noël Magique ✨ et à demain, il reste quelques fenêtres du calendrier à ouvrir :)

Des petits riens qui font du bien

Je tiens le bon bout. Il reste 4 jours avant Noël et donc 4 billets à écrire. Le temps file entre nos doigts et malgré tout nos efforts pour le retenir, ses grains nous échappent inexorablement. Le sentiment que j’évoquais hier, cette urgence à être heureuse, à savourer les précieux moments de douceur de cette fin d’année, ne me quitte pas. Mais peut-on décider d’être en joie ? Car vous en conviendrez, le contexte n’est pas propice à l’allégresse et parfois ça demande du courage de faire preuve d’enthousiasme face à la peur. J’ose donc partager une citation qui l’a été mille fois, vous affirmer que « les choses avancent » même si ça ne veut rien dire, vous conseiller un livre que j’entame à peine mais que j’adore déjà, « La mer sans étoiles » d’Erin Morgenstern et vous avouer avoir recommencé GOT pour la cinquième fois. Des petites riens qui demandent peu de courage mais qui font du bien !

Deux en un !

J’ai manqué le billet d’hier. Je n’ai pas eu le temps, pas eu le coeur, pas eu la tête à ça, à trouver un sujet, une citation, une image. Je m’en suis voulu une demi seconde et puis je m’en suis fichu. Je ferai double dose aujourd’hui. Ou pas. Et ce sera bien comme ça.

J’ai fais un tour dans la galerie marchande à côté de chez moi. J’ai repéré les derniers achats à faire pour mes proches, les dernières décorations à ajouter pour que ce Noël soit réussi. Car j’ai vraiment besoin qu’il le soit. Je m’accroche à la magie de Noël comme à une bouée de sauvetage en pleine mer. Je ressens une certaine urgence à être heureuse, à profiter des moments doux, en famille. Comme si un danger nous guettait, celui de tomber dans la morosité, de nous laisser submerger par la vague, et pas seulement celle dont on nous parle en boucle. Mon optimisme s’ébrèche.

Sans doute que cette brume persistante sur les toits de Strasbourg y est pour quelque chose. Elle s’immisce partout. Est-ce possible qu’elle atteigne aussi nos coeurs ? Sûrement. Sans doute que nous sommes poreux, que nous nous laissons pénétrer à notre insu par cette lourde ambiance. Et sans doute ne pouvons-nous pas y échapper.

Mais pour l’heure des surprises se préparent. Dans notre hotte nous avons entassé pêle-mêle des voyages, des sucreries, de la musique, des rires, des chants et assez d’amour pour terminer l’année en toute quiétude.

Les États d’Esprit du Vendredi

Depuis des années je lis sur plusieurs blogs (chez Crevette et Marie par exemple) cet exercice de style hebdomadaire : Les États d’Esprit du Vendredi. Il s’agit de répondre à une liste de questions élaborées par les deux fondateurs de ce rendez-vous, Zenopia et The Postman, et auxquelles j’ai envie de répondre depuis un moment. Puisque j’arrive à rédiger fièrement un billet quotidien depuis 17 jours, je suppose que je vais pouvoir tenir le rythme d’un par semaine à l’avenir. Zou je tente le coup !

Début [16:09]

Fatigue : tout va bien pour la saison !
Humeur : joyeuse puisqu’en famille la semaine prochaine.
Estomac : vide, vivement un bon Poke Bowl ce soir.
Esprit : apaisé, créatif.
Condition physique / Bien-être : sapristi mon dos ne me laissera donc plus jamais de répit ….

Projets : pleins !!! Une association qui renait de ses cendres, des formations bouclées, un projet pro en vue …

Culture :
📖 Livres : L’aventure du cochon de Noël de JK Rowling (qui plaira aux plus petits, j’aurais adoré le lire à mes enfants) et La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard (très sympa pour une romance et des secrets, j’avais toujours envie de savoir la suite) tous deux terminés pour le « Cold Winter Challenge ».
🎥 Films : De son vivant d’Emmanuelle Bercot (j’ai pleuré non stop durant tout le film et ça fait du bien, il est émouvant et Magimel est magistral) et Les Tuches 4 d’Olivier Baroux (très bof, mais c’est toujours sympa de partager un moment léger en famille).
🍿Séries : Home for Christmas, Trois Noëls et Christmas flow toutes les 3 sur Netflix. Mention spéciale pour la première, les deux autres se laissent regarder !

Penser à : ne plus penser. Mince on me dit dans l’oreillette que c’est impossible. Alors penser à penser positif ! Et à terminer les cadeaux !

Les jolis moments : semaine un peu compliquée sans les Vies le soir mais de bons repas le midi au rythme de la playlist de Noël :)

Avis perso : faudrait pas que Noël se passe au balcon je n’ai pas envie d’un Pâques au tison …

Message perso : merci !

Loulous :heureusement que l’école se met en pause deux petites semaines …

Amitiés : à choisir et entretenir avec soin mais je me répète.

Love : euh ça veut dire quoi déjà ?

Sorties : radiologue, médecin, dentiste, véto, … ça fait rêver non ?

Essentiel : l’amour, des autres et de soi bien sûr.

Courses : je devrais pouvoir manger ce weekend.

Envie de : écrire, partager, transmettre …

Musique : pour vous la mettre en tête si ce n’est pas déjà le cas ah ah (et avec les paroles pour votre plus grand plaisir !)

Fin [17:05]

Le Zèbre et la Guerrière

Il y a quelques temps j’ai expliqué ici que je suis une adulte à haut-potentiel intellectuel (HPI). J’ai appris cette info il y a un peu plus d’un an, c’était une nouvelle totalement inattendue et il m’a fallut quelques mois pour me faire à cette idée. Après avoir lu beaucoup d’ouvrages sur le sujet, regardé des dizaines de vidéos, participé à des forums, rencontré d’autres personnes comme moi et fait 3 mois de coaching intensif je peux fièrement affirmer que j’ai avalé la pilule et assimilé cette particularité. À dire vrai je crois que cette nouvelle a débloqué ce qui m’empêchait d’être vraiment en phase avec moi-même et me brimait. Il me reste un long chemin jusqu’à la totale confiance en moi mais je sais aujourd’hui qui je suis et je n’en ai plus honte. C’est déjà pas mal !

Pour symboliser cette étape de ma vie j’ai ressenti le besoin de la mettre en forme visuellement, d’avoir à porter de regard ce nouveau moi, cette femme qui s’est réconciliée avec une partie très importante d’elle-même. Dans la littérature consacrée au HPI, on surnomme souvent les surdoué.e.s les « Zèbres ». Certain.e.s aiment ce qualificatif, d’autres le détestent. Personnellement je l’ai rapidement adopté et je le trouve assez juste, le zèbre étant un équidé très particulier, qui n’a jamais pu être domestiqué et qui possède un pelage rayé unique, sorte d’empreinte digitale. Va donc pour être qualifiée de drôle de zèbre !

Et c’est avec une grande joie que j’ai reçu aujourd’hui l’image que j’avais en tête, merveilleusement mise en matière part Alice LOCOGE. Je dis bien en matière car Alice est une magicienne de la peinture et ses toiles prennent vie à la manière de sculptures avec des jeux de matière uniques. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir cette sublime toile intitulée « Assumer ses rayures » et qui retranscrit si bien ma rencontre avec mon zèbre et la relation que nous entretenons aujourd’hui, emplie de douceur et de bienveillance. Je ne sais toujours pas très bien exprimée mes émotions mais je suis vraiment heureuse d’avoir confié ce projet à Alice et extrêmement émue par le rendu final. Je vous montrerai le tableau joliment encadré, dès qu’il sera installé au mur de ma chambre.

Je vous invite bien-sur à visiter le site d’Alice Locoge ICI et sa page Facebook . La douce guerrière en moi et son fidèle compagnon vous souhaite une très belle fin de journée.

Oh Oh Oh !

Tout fout le camp ! Je viens de regarder la finale de Kho Lanta et d’apprendre que personne ne gagnera cette année. Certains des aventuriers ont triché en se procurant de la nourriture en cachette. Je ne sais pas très bien quoi en penser, je ne sais pas de quoi je serais capable si je crevais la dalle. Et même si c’est le principe de l’émission de galérer avec la nourriture, je ne peux pas m’empêcher de leur trouver des excuses à ces Robinson en carton. Ce pauvre Claude n’aura finalement jamais emporté le jeu puisqu’il a assuré que c’était sa dernière participation.

Pour me remettre de cette déception j’ai décidé de regarder mon film chouchou de Noël : The holiday ! Je pense que ce sera au moins la huitième fois et je ne m’en lasse pas. C’est chamallow à souhait et ça me fait comme un chocolat qui fond dans la bouche.

Cette année j’ai décidé de bouffer de la mièvrerie jusqu’à en être malade. Je me suis déjà engouffré les séries « Trois Noëls », « Christmas flow » et « Home for Christmas » sur Netflix. Toutes les 3 ont leur charme mais j’ai une nette préférence pour la dernière, les séries norvégiennes et nordiques étant de loin mes préférées depuis quelques temps. J’ai également une playlist de noël que j’écoute à longueur de journée au grand désespoir de mes enfants. Et j’ai dépensé la moitié du PIB de la Suisse en bougies senteur Cookies et Pain d’Epices. Heureusement que je n’en ai pas trouvé une parfumée au vin chaud ! En bref je vibre Noël et ça me fait du bien !

Félix

J’ai découvert Félix Radu dans la vidéo qui suit. Il y déclame un des plus beau texte sur l’amour que j’ai jamais entendu ou lu. Ce p’tit mec débarque un matin sur une radio belge et te balance sa prose ni vu ni connu. Je m’étais fait cueillir comme une jonquille au printemps encore engourdie par la neige, sans que je ne sois vraiment prête. J’avais été émue aux larmes et j’ai les yeux qui se mouillent à chaque fois que je l’écoute. Au delà du texte, ce qui me touche vraiment, c’est lui. Il est ému par son propre écrit. Il a la voix qui chevrote, le ton qui zigzague. Il est bouleversant.

Depuis notre rencontre youtubienne je le suis sur les réseaux. Il fait son petit bonhomme de chemin et j’espère qu’il pourra un jour toucher un grand nombre de personnes. Parce que le monde manque cruellement de tendresse et de sensibilité.

Si je vous parle de lui c’est que ce matin je suis tombée sur cette citation. Je voulais m’en inspirer pour écrire un billet à propos de mes enfants mais rien n’a pu sortir. Sûrement que ce n’est pas le bon moment ou que j’allais dire des conneries. Ce sera pour plus tard …

Je vais donc vous laisser avec ce magnifique texte que j’ai retranscris, en espérant ne pas avoir fait d’erreur.

Et s’aimer. 

Ne plus être seul. 

Ou alors à deux. 

Lutter contre l’univers tout entier, contre ses silences et ses séparations. 

Le tromper parfois. Souvent. 

Se séparer mais pour de faux. 

Lâcher les mains. 

Ne pas se quitter des yeux. 

Tendre les regards. 

Ou les regards tendres. 

Ou les deux. 

Et brûler ce qu’il reste de courage. 

Détester les aurevoirs, adorer les retrouvailles. 

Voler trop de baisers comme pour les garder, comme si c’était possible. 

Et vouloir les emporter avec soi. 

Échouer toujours évidemment mais recommencer encore. 

Désirer en silence. 

Rester muet. 

Savoir se taire pour dire. 

Laisser parler les âmes et les yeux, en être le témoin naïf. 

Ne pas savoir comment. 

Faire ! 

Être maladroit mais l’oublier. 

Arrêter le temps. 

Ne pas vérifier. 

En être persuadé. 

Être insolent. 

Prétendre à l’infini, à être entendu, à être compris. 

Décider d’abandonner le monde et s’abandonner soi. 

Se protéger des armures, se laisser mordre. 

Même aimer rendre les coups. 

Avoir peur. 

Se laisser avoir peur. 

Et trembler. Pour une mèche de cheveux. Et en connaître l’odeur. 

Et la chercher partout. Et la trouver partout. 

Dans les fleurs, dans le vent, dans le ciel, dans les draps. 

Et se perdre en chemin. 

Ne plus connaître la route, ne pas désirer savoir. 

Se manquer. 

Jouer le jeu de l’amour, laisser gagner l’autre. 

Être tous les deux perdants. 

Triompher alors. Triompher.

C’est ça. Et c’est bien !  

Radio Nostalgie

Je suis une grande nostalgique. Du coup ce n’est pas toujours gai dans ma tête, j’ai souvent des relents d’instants passés et mon hyperesthésie (je vous laisse chercher la définition j'ai une totale flemme aujourd'hui) leur donne particulièrement corps. Je n’ai pas seulement l’image mais toute une ambiance sonore, olfactive et je ne sais quoi d’autre qui me vient à l’esprit.

Aujourd’hui des souvenirs se sont bousculés toute la journée car j’ai vendu une commode à laquelle j’étais trèèèèès attachée. Je l’ai vraiment laissée partir à contre-coeur mais ça fait partie de l’opération « TRP », comprenez Table Rase du Passé, que j’ai entamée il y a quelques temps. Cette commode (et une petite table qui résiste encore) a vu la couleur de tous mes intérieurs, depuis mes 20 ans et mon premier appartement jusqu’à mon chez-moi alsacien. Elle a été témoin de toutes mes péripéties et ses 14 tiroirs ont contenu pleins de petits bouts de ma vie. J’aime ce meuble et je suis triste de l’avoir vu partir même s’il rejoint la chambre d’un petit garçon de 4 ans. J’espère qu’il pourra y cacher ses trésors et qu’il ne la maltraitera pas trop. J’ai bien conscience que cette histoire peut faire sourire mais comme pour ma voiture en juillet dernier, j’ai versé ma larme et je vais sûrement mettre quelques jours à ne plus y penser. Adieu jolie commode, je te souhaite une belle nouvelle vie !

Que ta parole soit impeccable !

Je me suis fait une promesse lorsque j’ai commencé à tenir ce blog, celle de ne jamais y régler mes comptes. J’ai réussi à m’y tenir jusqu’à maintenant même s’il m’est arrivé de glisser ici ou là des messages subliminaux à certain(e)s ancien(ne)s fans. Il faut dire que c’est tentant de raconter une histoire l’air de rien, de prendre à partie les lecteurs en sachant que la personne concernée lira le billet (oui je le sais que tu lis, et toi aussi, et toi là bas planqué dans le fond également) et qu’elle n’aura aucun moyen de se défendre. La seule version de l’histoire serait la mienne. Personne ne pourrait me contredire parce que je supprimerais les éventuels commentaires négatifs et ignorerais les messages contradictoires. Ce serait un peu despotique. Jouissif mais despotique. Mais je ne peux pas, j’ai juré, j’ai craché, j’ai dit croix de bois, croix de fer et je ne veux pas aller en enfer. Je vais donc continuer sur ma lancée et m’abstenir. En revanche je peux faire le bilan de ce que j’ai appris de ces mésaventures, histoire d’en tirer le positif que j’aime voir partout !

Leçon #1 : assumer sa part de responsabilité !
On est bien d’accord que lors d’un conflit il est toujours plus simple de rejeter la faute sur l’autre. C’est tellement bon de se poser en victime et d’attirer à soi un peu de compassion. Je n’ai pas dérogé à la règle et souvent j’ai fait porter aux autres le poids de mes malheurs, persuadée d’être le petit jouet d’un plan machiavélique ou la grosse dinde d’une farce trop épicée. Parfois je pense même avoir tellement excellé dans l’art de l’apitoiement, que la compassion dont mon entourage a pu faire preuve s’est lentement muée en pitié. Pathétique la fille. Avec un peu de recul j’ai compris que les relations ne fonctionnent pas comme ça, qu’il n’y a pas d’un coté la gentille Amélie et de l’autre les vilain(e)s méchant(e)s. C’est dur à admettre mais à mon âge il était grand temps !

Leçon #2 : on ne peut pas plaire à tout le monde.
Oui je sais tout le monde est au courant. J’ai longtemps été terrifiée à l’idée qu’on puisse ne pas m’aimer. Sans doute mon orgueil mal placé. Peut être une blessure d’enfance. Quoi qu’il en soit cette crainte m’a poussé à accepter des situations, des remarques ou des comportements qui ne me convenaient pas. Je ne sais pas dire non. J’ai énormément de mal à m’affirmer. C’est assez récemment que j’ai décidé de ne plus m’en faire à ce propos, d’accepter que des personnes ne m’apprécient pas. D’ailleurs je me dis que c’est plus sain, plaire à tout le monde c’est s’oublier, se trahir, s’adapter à l’autre pour convenir à ses attentes. Et si c’est encore difficile, si c’est un travail de chaque instant, je me fais violence et m’oblige à dire non. Je donne les vraies raisons d’un refus même si elles peuvent blesser et je fuis aussi parfois devant l’insistance de certain(e)s.

Leçon #3 : choisir avec soin les personnes qui nous entourent.
Je suis une intuitive qui s’est trop longtemps ignorée. J’aimerais tellement que tout le monde soit beau, gentil et heureux que je refuse souvent de voir la vraie nature de celles et ceux qui m’entourent et je cautionne des comportements qui ne correspondent pas à mes valeurs. Mon cerveau et mon corps ont beau m’envoyer tous les signaux qu’ils peuvent, mon coeur persiste à trouver des circonstances atténuantes à des personnes qui ne correspondent absolument pas à l’idée que je me fais de quelqu’un « de bien ». Attention je ne recherche pas des gens parfaits, je suis sûrement la pire des emmerdeuses et des girouettes, je ne vais pas exiger des autres ce que je ne suis pas. Mais j’ai des critères, comme tout le monde je pense, qui sont indispensables à une bonne entente. Et je n’y dérogerai plus jamais, peu importe si on me trouve exigeante et intransigeante. C’est d’ailleurs pour cette raison que je vais finir ma vie seule, avec mes chiens, devant Netflix et en train de siffler un cubis de Cabernet d’Anjou.

La liste de mes bonnes résolutions pour 2022 est établie ! Reste à prendre le risque d’être fidèle à moi-même et c’est un sacré challenge !

À un cheveux près …

En début d’année j’ai rasé mes cheveux. Ils étaient abîmés. C’est la version officielle donnée par les autorités. Mais un jour on découvrira dans les archives que je ne pouvais plus souffrir l’image que me renvoyait mon miroir. Ce carré mal foutu, ces racines grises que je me sentais obligée de teindre, ces remarques sur mon manque d’entretien, de soin ou le brushing qu’il faudrait absolument faire. Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps et j’ai osé passer le cap un mercredi avec mes enfants. Ça a été un moment familial très drôle et je pense qu’ils se souviendront toute leur vie du jour où ils ont rasé la tête de maman. Et moi, ça m’a mise en joie :)

Depuis toute petite je livre une guerre froide à mes cheveux. J’ai une tignasse qui n’a rien à envier à celle de Raiponce et j’oscille entre amour et haine à son encontre. Les séances de démêlage intensif me laissent des souvenirs douloureux. Les pleurs, les cris, la boule au ventre et l’envie de m’enfuir ou de frapper ma mère hantent encore ma mémoire. J’ai eu des périodes où j’ai porté mes cheveux très longs et d’autres où je les ai eu vraiment courts. Entre ces deux extrêmes j’ai testé tout ce qu’il est possible, de la permanente à la décoloration, du carré noir stricte au dégradé blond sauvage.

Quand j’étais gamine mon père adorait mes cheveux longs. Du moins c’est ce que ma mère me disait car je ne me souviens pas qu’il en ai jamais parlé (je crois bien que c’est elle qui les kiffait mais ne lui dites pas que je le sais). Lorsque j’ai émis le souhait de les couper, elle m’a rappelé combien il serait triste et déçu, supposant que la perspective de faire de la peine à mon père et qu’il puisse m’aimer moins, me ferait changer d’avis. C’est l’effet inverse qui s’est produit. Couper mes cheveux est devenu une idée fixe. J’étais décidée à mettre à l’épreuve l’amour de mon père, refusant qu’il soit subordonné à la longueur de mes cheveux. 

À la veille de mon entrée en 6eme ma marraine a persuadé mes parents du bien-fondé de ma demande et m’a emmenée chez la coiffeuse. Cette dernière a eu bien du mal à s’exécuter et m’a offert, les larmes aux yeux, la natte qu’elle avait soigneusement tressée avant de la trancher d’un coup de ciseau. C’était presque religieux et je me suis sentie obligée de conserver longtemps le cadavre de mes cheveux attachés par un petit élastique orange. Je ne me souviens pas vraiment de la réaction de mon père, je crois qu’une fois la surprise passée il a continué de m’aimer. Tant mieux car j’aurais pu mourir d’apprendre que son amour ne tenait qu’à un cheveux.

Depuis cette première entaille au règlement implicite de la féminité, j’ai toujours eu un problème avec cette injonction qui nous oblige à avoir les cheveux longs, sous peine d’être moins « femme « . Je m’y suis obligée à certaines périodes mais je ne peux plus désormais m’y plier. Je constate que je me défait petit à petit des artifices sensés rendre plus féminine. Je me maquille encore moins qu’avant, donc presque plus. Mes bijoux sont énergétiques et non pas ornementaux. Je porte les mêmes vêtements depuis plusieurs années. Je ne fais d’ailleurs pratiquement pas de shopping. 

En rasant mes cheveux c’est comme si j’avais vu apparaître pour la première fois mon vrai visage. Dépouillée de cette masse, j’ai eu l’impression d’apercevoir mon moi profond. Et il est bien plus féminin que je ne l’imaginais. Je n’ai plus besoin de cheveux longs, lissés et teintés pour en être persuadée. Je me sens femme face à un homme mais également face à une autre femme. Je connais mon cycle par cœur, je sais exactement où j’en suis et pourquoi je ressens telle émotion. Je me rapproche de ma nature profonde et me réconcilie doucement (mais sûrement) avec cette part de moi-même.

Je crois que mon but a toujours été de plaire sans artifice, d’être aimée pour qui je suis et non pas pour l’image que je renvoie. Sans doute que me retrouver en fauteuil roulant a exacerber ce sentiment, une grande part de ma féminité s’étant évaporée aux yeux des autres, mais il me semble que déjà adolescente je ragerais de devoir passer autant de temps à me « préparer » au monde.  

Presque un an plus tard je ne rase plus ma tête. Je garde tout de même les cheveux courts, fière d’arborer un gris argenté que j’aime beaucoup. Rien ne dit que je ne les raserai pas ou ne les laisserai pas pousser à nouveau mais alors ce sera pour mon unique plaisir. Et pour entretenir la liste de mes nombreuse contradictions :)

Prendre le risque de l’hiver …

Comme j’aime ce Petit Prince et sa philosophie. « C’est à mon risque de peine, que je connais ma joie. ». Wahou ! Il y a quelque chose à la fois d’évident pour la plupart d’entre nous et pourtant de totalement interdit pour les personnes dîtes « vulnérables ». Personnes handicapées, personnes âgées, il est des situations où le risque n’est pas (ou plus) à prendre. La vie n’est déjà pas tendre avec vous, il ne manquerait plus qu’un chagrin d’amour là dessus et ce serait le pompon ! Et pourtant !

À plusieurs reprises j’ai eu l’occasion d’aborder la question de l’intimité des personnes en situation de handicap physique avec ce qu’on appelle des troubles associés (difficultés d’élocution, très mauvaise vue et/ou parfois de légers soucis intellectuels). Lorsque nous abordions des sujets tels que les relations amoureuses et/ou sexuelles, souvent nous était opposée (par les familles ou les professionnels de l’accompagnement médico-social) la fragilité des personnes concernées. « Vous n’y pensez pas ! Dans son état elle risque de se faire abuser ! ». « Le pauvre, elle va profiter de lui c’est certain! ». Et plus que tout on nous expliquait que ce serait difficile s’ils se faisaient quitter. Mais qu’est ce qu’une existence sans risque et de surcroît amoureux ? Je revendique le droit au râteau et à la dépression post-largage !

Bien-sûr je n’oublie pas que les femmes en situation de handicap sont plus sujettes aux violences et qu’une attention toute particulière doit leur être portée. Mais il existe sans doute un discours plus juste, qui permette à chacun.e de vivre pleinement, d’exploiter entièrement son potentiel, sans craintes exagérées par les projections sur nos fragilités. En écrivant ces lignes je me rends compte du chemin qu’il reste à parcourir et je me dis que bordel, j’ai pas fini de rouler … ;)

Les nuits, rebelles !

J’ai rêvé de toi. Encore. Tu es absent de mes jours mais mes nuits, rebelles, te ramènent sans cesse à moi. Cet autre être dont parle Jung m’a l’air d’être un sacré farceur. Ce matin je me suis réveillée avec le souvenir flou de tes mains sur mon visage et du son de ta voix dans des paroles évaporées.

Dis moi est-ce que je te rejoins dans tes rêves ? Ou ces autres êtres dont parle Jung se retrouvent-ils à nos dépends ? J’aime à croire qu’ils sont plus forts que nous, plus forts que tout et que malgré nous, malgré tout, ils continuent à être ensemble, les nuits, rebelles !

Best Friend Forever !

Je ne suis pas douée en amitié. Je ne sais pas faire. J’essaie pourtant. En vain.
Je prends souvent de bonnes résolutions qui s’évaporent malheureusement en peu de temps. Je réponds aux SMS au bout de 3 jours, j’ai peur du téléphone, je ne prends jamais de nouvelles de personne et je ne vois pas l’intérêt d’échanger quotidiennement à propos de la météo, de nos derniers repas ou de nos tenues vestimentaires du jour. D’autant que je me fiche du temps qu’il fait, que je mange la même chose depuis 20 ans et que je compose mon « look » avec deux pantalons, trois pulls et quatre t-shirts. L’affaire est vite réglée.
J’entretiens mal mes relations et comme mes plantes, j’en ai laissé crever quelques unes. Heureusement pour moi certaines résistent à ma négligence et réussissent à réduire la distance que j’impose.

Longtemps j’ai pensé que je n’étais pas normale. Pourquoi d’autres avaient une vie sociale riche et intense là où je n’étais pas capable de boire un café avec un autre être humain au moins une fois par semaine. J’écoutais les histoire d’apéros, de repas, de sorties, de vacances, de voyages entre amis avec admiration et une pointe d’envie. Je m’étais persuadée que la vie était là, lors de ces rencontres à plusieurs, de ces conversations bruyantes, de ces rires déployés, de ces tapes dans le dos et de ces verres partagés. J’en ai conclu que mon goût pour la solitude et ma peine à être en relation avec d’autres étaient un problème. Je m’en suis voulue. Et j’ai culpabilisée bien sûr. J’ai l’impression d’ailleurs de n’avoir fait que ça durant des années, culpabiliser de tout ce que je ne faisais pas, avoir honte de tout ce que je n’étais pas.

Il faut dire que tout nous encourage à penser ainsi. Les réseaux sociaux d’abord, où nous partageons ces moments à coups de photos, d’identifications, de j’aime et de j’adore. Qui irait poster une publication sur sa journée seule à regarder un film et boire une camomille ? Le regard des autres ensuite auquel il est difficile de soumettre un « personne » à la question « t’as vu qui ces derniers temps ? ». Revendiquer son inclinaison à la solitude et son tempérament casanier n’est pas si facile que ça, en tout cas pour moi. Et bien que je me sois rendue compte que je ne supporte pas le bruit, que les conversations à plusieurs me fatiguent, que j’ai du mal avec les rires trop déployés et les tapes dans le dos de personnes inconnues ou presque, je n’arrivais pas à assumer cet aspect de ma personnalité.

Mais la vie, qui ne se trouvait en réalité pas seulement là où je le croyais, m’a montré qu’elle était partout ailleurs. Elle m’a fait voir que ces instants entre amis, s’ils peuvent être intenses et profonds, sont très souvent futiles et superficiels, qu’ils répondent plus à des conventions sociales qu’à un réel besoin et que ne pas s’y plier n’est finalement pas très grave. Et surtout elle m’a appris qu’on peut vivre ces rencontres régulièrement à une période et plus du tout à une autre, sans pour autant perdre les personnes qui y étaient présentes.

À part ma famille très proche, je ne vois mes ami.e.s que rarement et ça ne me dérange plus depuis que j’ai accepté et surtout que j’assume mon fonctionnement. Bizarrement c’est lorsque j’ai cessé de culpabiliser que certaines amitiés se sont resserrées, jusqu’à desje t’aime prononcés. C’est assez rare pour être noté. Et réitéré !

Cold Winter Challenge 2021

Je ne lis pas assez. J’aimerais pourtant. Mais je me laisse happer par d’autres occupations, réseaux sociaux en tête, Facebook en particulier. Et tout en scrollant de publications en publications, tout en étant hypnotisée, bouche ouverte, par des vidéos idiotes de gamins, de vieux ou de chats, je me répète inlassablement que je ferais mieux de prendre un bon bouquin. Mais je dois être complètement addict car je ne lâche pas mon téléphone pour autant.

Pour tenter de remédier à mon manque de motivation, j’ai décidé de rejoindre le Cold Winter Challenge 2021 (CWC) découvert chez Isa du blog « Aujourd’hui je m’aime » et de compléter au moins 3 menus avant fin février. Si comme moi il y a 3 jours, vous ne savez pas ce qu’est le CWC , je vous invite à regarder la vidéo de l’organisatrice et peut-être rejoindrez vous l’aventure :)

Sans pression, parce que si je lis au moins un livre ce sera déjà ça de prit, je vous partage mon premier menu :

Je me suis largement inspirée des choix des autres participant.e.s que j’ai rejoint sur le groupe Facebook dédié (oui je ne suis pas à une contradiction près). Je me donne jusqu’aux vacances de Noël pour terminer ce premier menu et entamer les suivants. Et si je n’y arrive pas je ferai comme si ce billet n’avait jamais existé et vous aussi, ne compliquez pas les choses ;)

Plus loin, plus haut, plus fort !

« C’est pas gagné mais j’y travaille ! ». Je pense avoir prononcé cette phrase un bon millier de fois. Au sujet de mon rôle de mère, d’amie, de fille, d’étudiante, de femme et de tous ces costumes qu’on enfile jour après jour. J’ai crié ce matin lorsque j’ai vu qu’à 8:41 ma petite lionne n’avait pas terminé son petit-déjeuner alors que son bus passe à 8:52. J’ai oublié de prendre des nouvelles de mon amie qui a de gros problèmes de santé. Je n’ai pas appelé mes parents depuis 10 jours alors que je m’étais juré de le faire chaque semaine. J’ai 3 formations en cours que je peine à boucler. Je suis en mode fantôme depuis plusieurs semaines, ignorant volontairement mes relations « amoureuses ». Et pourtant je travaille à ressembler davantage à qui je suis vraiment. Comme Sisyphe, je remonte sans cesse ma pierre, atteignant des hauteurs de plus en plus élevées. Il y a bien un moment où je vais trouver un endroit qui me conviendra, surement pas le sommet mais peut-être un plateau pas très loin, où je pourrai me poser et me satisfaire du chemin parcouru. Une place où je saurai expliquer plutôt que crier, où je prendrai des nouvelles et passerai un coup de fil sans avoir l’impression de déranger ou d’être trop en retard, où j’assumerai de réussir et d’avoir besoin de solitude, entre autre.

« C’est pas gagné mais j’y travaille! « . Et déjà je vois le chemin parcouru. Peut-être ne me reste-t-il pas tant que ça à gravir …

Et c’est déjà pas mal …

Pierre RABHI est décédé hier. Pout autant je vais parler au présent. Je ne peux pas dire que je le connais très bien mais comme beaucoup j’aime ce qu’il dégage et le message qu’il transmet à travers le concept de « sobriété heureuse ». Pour lui, la société gâche les gens et l’ÊTRE devrait passer avant le « faire » :

« Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. »

J’aime le conte du colibri dont il s’est inspiré pour nommer son mouvement. J’aime l’idée que chacun.e fasse sa part, à sa mesure, et que ce soit déjà pas mal.

J’essaie de moins consommer. J’essaie de moins gaspiller. J’essaie de moins (me) (nous) gâcher. J’essaie de faire ressembler ma vie à qui je suis. Et j’ai un peu de mal.

Je sais qu’une petite maison à l’orée d’une forêt m’attend quelque part, sa façade décrépie et son toit noir, son jardin de sorcière et sa source cachée. Bientôt, pas si loin mais pas tout près, j’irai y passer mes jours gris, y rencontrer l’âme de mon chat et les silences de la très vieille voisine. Je pourrai y être joyeusement sobre. Bientôt. Mais pour l’heure, je me gave des ronflements de mon chien avant qu’il ne me quitte, de mes jeunes voisins bruyants et de l’énergie de la ville. Et ce n’est pas si mal.

J’espère que Pierre RABHI est parti en ayant le sentiment d’avoir fait sa part. J’espère qu’il en sera de même pour vous et pour moi aussi. Une petite part de colibri. Ce serait pas si mal !

Simple. Basique.

Un petit journal de gratitude pour illustrer cette citation est de mise je crois. Je n’ai de toute façon pas plus d’inspiration que ça. Voici donc mes raisons de dire Merci aujourd’hui :

* La victoire de Vie N°2 avec son équipe de basket. Oui je suis fan de mes enfants et alors ?

* Avoir écouté et aimé le nouvel album d’Orelsan et sa réaction hier soir dans l’émission « Quotidien » lorsque Yann Barthès lui annonce que E.Macron est fan de son dernier titre :

* Le très bon moment passé devant le dernier Jane Campion « The power of the dog » à voir sur Netflix. Un film dérangeant qui interroge sur la masculinité, des images absolument sublimes, une musique qui fonctionne à merveille (forcément vu qu’il y a du Radiohead pas loin …). J’ai adoré.

* La soirée toute en douceur qui se prépare et pour laquelle je vais m’arrêter là.

À demain pour la suite du calendrier :)

Une journée pour tout dire (ou presque) !

Le 3 décembre de chaque année a lieu la Journée Internationale des Personnes Handicapées. Sur le site des Nations Unies on peut lire que depuis 1992 « Elle (cette journée) vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroître la sensibilisation à leur situation particulière dans tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle« . C’est chouette comme engagement, sauf qu’en France on est bien loin du compte. Et si je n’ai pas l’intention de dresser un bilan de tout ce qui ne fonctionne pas chez nous, je crois qu’il est bon de rappeler quelques faits absolument inacceptables.

D’abord je trouve important de rappeler qu’entre les deux tours de la dernière élection présidentielle E.Macron avait consacré sa carte blanche au thème du handicap. Il avait même annoncé que ce dernier serait une des priorités de son quinquennat. Je ne veux pas mettre la charrue avant les boeufs mais à moins de 6 mois du premier tour de la prochaine présidentielle je n’ai pas du tout l’impression d’avoir été une priorité pour ce gouvernement.

Pourtant début 2020 Emmanuel Macron s’était (ré)engagé entre autre à ce que plus aucun enfant ne soit laissé de côté pour la rentrée suivante. Dommage pour eux et leurs familles ça n’a pas été le cas. Et en 2021 non plus. Entre les AESH (Accompagnant.e.s d’Éleves en Situation de Handicap) sous-payé.e.s qui font grève (à lire ici) et les parents qui portent les manquements de l’Éducation Nationale devant les tribunaux (à lire là), on se rend bien compte que la promesse n’est pas tenue.

Et que dire de l’AAH (Allocation Adulte Handicapée) revalorisée de 100€ mais toujours sous le seuil de pauvreté (903,60€) et pour laquelle un véritable combat s’est engagé avec pour revendication première sa déconjugalisation. Voilà un mot bien compliqué pour expliquer que les personnes percevant cette allocation ne veulent plus qu’elle soit indexée sur les revenus du conjoint. Car comment garder son autonomie lorsque vous dépendez financièrement de votre amoureux.se (l’AAH diminue dès que votre conjoint.e touche 1020€ et se trouve totalement supprimée à 2270€).

J’aimerais aussi parler des violences que subissent particulièrement les femmes en situation de handicap en partageant cette étude (à découvrir ici) réalisée en Nouvelle Aquitaine et dont les chiffres sont effrayants. Ce sujet mériterait un billet rien qu’à lui !

Et enfin, parce qu’ici sur nos blogs nous savons combien les mots que l’on utilise sont importants, je vous partage ce moment absolument lunaire où une élue LR de la ville de Lyon utilise les termes de « Pieds-bot » et de « Cul de jatte » pour parler de personnes handicapées. Audrey Henocque, première adjointe, elle-même en situation de handicap et avec laquelle j’ai partagé une partie de ma rééducation à la fin des années 90, lui répond très justement sur ce que ses paroles révèlent comme forme d’oppression : le validisme.

Pour être honnête je n’aime pas ce terme de validisme. Je le trouve clivant même s’il a le mérite d’être claire. La société est faite par les valides, pour les valides, et les personnes différentes ne s’y retrouvent pas. Pour bien saisir cette notion je vous partage cette interview de mon amie Laetitia Rebord (son site ici) ainsi qu’un article en écho aux propos de Mme Blanc par Elena Chamorro sur Mediapart à lire ici.

Voilà pour cette journée bien remplie pour ma part. Je m’en vais entamé un weekend bien au chaud à me nourrir des différences qui m’entourent <3

Nous sommes du même chaos !

Vous avez raison Christian, la vie est un sacré chaos. Nous passons beaucoup de temps à tenter d’en sortir, à vouloir y mettre de l’ordre, à l’ignorer sans en comprendre finalement le charme et l’intérêt. Car à quoi bon vivre si rien ne vient jamais nous bousculer ?
Cette idée de chaos m’est si familière. À plusieurs reprises le sol s’est dérobé sous moi, me plongeant dans un abime qui semblait sans fond. Égarée dans le noir, la lumière d’autres existences m’a sans doute guidée vers mon propre soleil. Et comme je l’aime aujourd’hui ce joli chaos. Il est à l’origine de mes engagements et de mes combats. Il est plus précieux que n’importe laquelle de mes réussites. Et cette intelligence, cette force, cette capacité à trouver la lumière partout où règne l’obscurité, quelle fierté d’en avoir fait une arme contre l’adversité et de pouvoir aujourd’hui la partager !

Lorsque la vie s’égraine …

Je suis impatiente de fêter Noël.

J’avais du mal à décorer mon sapin ces dernières années et voila que j’ai installé un mignon petit Nordmann ce weekend alors que novembre n’est même pas terminé. Croisons les doigts pour qu’il lui reste quelques épines au réveillon. J’aurais vraiment aimé en trouver un en pot et l’offrir ensuite à un habitant du quartier qui en aurait pris soin pour le reste de sa vie sapinesque. Mais j’ai dû agir dans l’urgence, profiter de la présence de mon père pour décorer la maison, seul être humain sur cette terre à avoir la patience nécessaire pour répondre à mes exigences.

À ma décharge j’ai supporté de nombreuses années des sapins moches, décorés par mes enfants. Ne faites pas les offusqué.e.s, on sait très bien vous et moi que la plupart des parents réajustent la position des guirlandes et cachent les décos fabriquées en maternelle à l’arrière du sapin. Sauf que moi je peux pas. Une fois posée je suis obligée de faire avec une composition affreuse et ce jusqu’à la fin des fêtes. J’ai bien tenté quelques objections mais les enfants, comme leur père en son temps, n’étaient pas motivés à changer quoi que ce soit, invoquant l’esprit de famille et autres bêtises bien pratiques et impossible à contourner sans passer pour une mauvaise mère !

Mais ça c’était avant. Dimanche j’ai proposé à tout le monde de participer en espérant que ce « tout le monde » refuse. Allélujah ils se sont tous barrés en prétextant que mon autoritarisme était insupportable, que si c’était pour tout défaire après c’était pas la peine tout en plaignant Papi pour ce qu’il allait subir, le pauvre. J’ai fait semblant d’être choquée deux minutes avant de sortir mes boites et mes caisses de décoration, surexcitée de redécouvrir les jolis trésors rangés l’an passé. Bref j’ai décoré mon, sapin.

Tout ça pour vous dire que cette année j’ai envie de compter les jours avant noël en les égrainant (j’adore ce verbe) ici avec une publication quotidienne. Et je commence avec celle-ci à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre le Sida. Parce que l’association AIDES nous rappelle que « 1 français-e sur 4 serait gêné-e de travailler avec une personne séropositive. Ce chiffre alarmant démontre une sérophobie latente dans le monde du travail, mais pas que. Les préjugés sur le VIH persistent et impactent directement la vie professionnelle, personnelle et le suivi médical des personnes séropositives. »