Défi 30 jours : Méditer #8

C’est parti pour la deuxième semaine de mon défi méditation. Après sept jours de séances audios courtes d’environ 3:30 minutes, je commence des écoutes d’une durée de 7 à 8 minutes. Attention ça ne rigole plus.

Aujourd’hui je me suis installée sur ma terrasse, tout près des herbes hautes et des bacs de plantes aromatiques. J’aime particulièrement ce petit endroit de mon jardin car il y a de la vie. Ça bourdonne, ça chante, ça se pose et ça s’envole. Et surtout ça sent bon la menthe, la sauge et la ciboulette. C’est parfait !

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Mon nouvel ami virtuel Christophe André me guide tout au long d’une séance intitulée « Prendre conscience du corps respirant ». C’est un exercice qui m’est plutôt facile car ma respiration et moi c’est une grande histoire en plusieurs chapitres. Je vous la fais brève :

Chapitre 1 : c’est qui la patronne ?
Apparemment ce n’est plus moi. À mon réveil après mon accident j’ai une trachéotomie et je suis reliée à un respirateur artificiel. Je ne peux plus respirer seule et personne ne sait alors si ce sera à nouveau possible un jour. Je ne peux pas parler non plus. Je suis bercée par le rythme de cet appareil qui me maintient en vie et il devient vite mon meilleur ami. Quand au bout de 6 semaines on m’annonce qu’on va tenté de me sevrer je suis en totale panique. La première fois est terriblement angoissante bien qu’elle ne dure que quelques secondes. Et puis minute par minute je reviens à la vie chaque jour un peu plus. Je respire enfin seule. Je garde encore quelques semaines une canule en argent qui me permet de parler. Bon je pourrais doubler Dark Vador sans problème mais au moins je peux communiquer. Quand on la retire définitivement de ma gorge et qu’on laisse l’orifice se refermer seul je commence à avoir des angoisses. Et si je m’étouffais ?

Chapitre 2 : je t’aime moi non plus.
Ma capacité respiratoire est maintenant d’environ un litre. Je ventile très mal et je m’encombre régulièrement. J’ai 18 ans, je suis tétraplégique, je vis à 400 kms de ma famille et de mes ami.e.s, j’en bave en rééducation et je poursuis parallèlement ma scolarité. Alors le soir je retrouve mes potes de galère, je décompresse et je teste mes nouvelles limites. Alcool, tabac, cannabis … les bronchites se suivent et se ressemblent … J’ai 19 ans et je fais une embolie pulmonaire suite à des phlébites profondes provoquées par la pilule et la clope. C’est pas à 40 ans qu’on fait ça normalement ? Oui mais être tétraplégique c’est prendre un peu d’avance, leçon à retenir pour plus tard … J’ai 20 ans, c’est la coupe du monde en France, je vais 3 jours aux Eurockéennes et je trouve la limite. À mon retour au centre de rééducation je ne peux plus respirer, j’ai l’impression de me noyer à l’intérieur de moi. Direction le service de réanimation où j’apprends que j’ai eu mon baccalauréat alors qu’on me fait une fibroscopie. C’est une infirmière qui me l’annonce en jugeant bon d’ajouter « et avec mention ». J’ai envie de lui dire d’aller se faire foutre mais la caméra dans mes bronches m’oblige à rester polie. Je regarde la finale depuis mon lit, en compagnie de mon amoureux du moment qui doit me maudire aujourd’hui de lui avoir fait manquer un tel événement … J’ai 24 ans et je ne compte plus mes épisodes bronchiques. Je partage ma vie avec ex-chéri coco auquel j’impose mon tabagisme, lui qui déteste ça. À chaque encombrement j’arrête de fumer, pour reprendre de plus belle une fois que ça va mieux. Et puis un vendredi 17 janvier je tombe sur une émission où une soignante aide un homme atteint d’un cancer à fumer … par sa canule. C’est le déclic qu’il me fallait. Le lundi suivant, jour de l’anniversaire d’ex-chéri, j’arrête de fumer. Ça a fait 15 ans cette année.

Chapitre 3 : le souffle de vie
Arrêter la clope ne résout pas mon problème en une seconde. Je continue d’être malade régulièrement, en moyenne 3 fois par an, avec des épisodes plus ou moins sévères. Néanmoins je ne suis plus hospitalisée. Et puis je rencontre un kiné qui prends le temps de m’expliquer le mécanisme de la respiration, de me rassurer sur ma capacité respiratoire qui est bien plus importante que ce que j’imagine, qui m’apprends à remplir tranquillement mes poumons et à expectorer efficacement. C’est un renouveau et au lieu de détester ce souffle court qui est source d’angoisse je l’apprivoise pour mieux le maîtriser. Aujourd’hui je ne fais presque plus de bronchites, je ne me fais plus vaccinée contre les infections à pneumocoque ou contre la grippe et ce fameux kiné est devenu un de mes meilleurs amis.

Tout ça pour vous dire que prendre conscience de mon corps respirant n’est vraiment pas compliqué. Cette première longue séance a donc été agréable et facile à suivre. Rendez-vous demain pour une nouvelle étape. En attendant prenez soin de vous !

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