Mes Hom(me)ards

J’ai commencé cet article cent fois. Et cent fois je l’ai jeté à la poubelle ou l’ai abandonné dans un coin de ma tête. Je manque de courage pour aborder un sujet aussi délicat. Pourtant toujours j’y reviens. Et toujours j’y renonce. Mais cette fois je crois que la puissance des mots aura raison de mes craintes et la Saint Valentin est sans aucun doute le moment idéal. Je ne peux plus lutter, inutile de résister davantage, je dois vous parler de la vie amoureuse et sexuelle du homard !

Ah ah je vois votre air circonspect. Vous vous attendiez à quoi ?


Pour être précise il s’agit en réalité d’une légende. Celle-ci raconte que les homards ont un-e seul-e partenaire pour toute la vie et qu’ils se retrouvent à chaque période des amours malgré l’immensité des océans et les difficultés de l’existence. Bien entendu c’est faux, Léon le homard n’en a rien à faire de celle avec qui il copule. Au moment des amours notre ami Léon, dont la carapace est dure, dépose sa semence sur l’abdomen de Simone, dont la carapace est molle suite à la mue, et s’en balance de savoir s’il l’a déjà rencontrée par le passé. Idem pour notre copine Simone qui se souvient à peine de Robert et Michel dont elle a eu une tripoté de mioches. Ce sera pareil pour Léon, elle l’oubliera sans vergogne. Mais comme je suis une indécrottable romantique je ne peux m’empêcher d’adorer ce genre d’histoire à l’eau de rose et de vouloir y croire. Et puis c’est Phoebe qui la raconte et j’adhère totalement à sa douce folie.


En tant que grande fan de la série Friends, j’ai souvent appelé ex chéri-coco « mon homard ». Je lui expliquais très sérieusement que nous ne pourrions jamais nous quitter parce qu’il était mon Léon, que j’étais sa Simone et que quoi qu’il arrive nous nous retrouverions toujours dans un coin de l’immense océan de nos vies. Lui ça le faisait marrer mes conneries de crustacés et finalement la vie nous a démontrée que cette histoire est bien une légende, les homards se séparent et se perdent, pas d’amour éternel sous la surface.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais ça aurait été trop facile. Durant plusieurs années les marées m’ont régulièrement ramenées vers lui. Elles m’en ont aussi très souvent séparé. Et si pour lui tout semblait être simple, c’était malheureusement bien plus compliqué pour moi qui ai besoin de décortiquer, analyser, pour enfin digérer les aléas de l’existence. Je n’ai jamais pu me contenter d’un « c’est comme ça » ou « c’est la vie « . Devant tous ces couples qui se déchiraient et se détestaient suite à une séparation, je voulais comprendre pourquoi ce n’était pas la même chose pour moi.

Après des mois, des années à retourner cette question dans tout les sens, j’ai réalisé que je n’avais pas le bon angle d’analyse. Au lieu de tenter de trouver une réponse à :

« Pourquoi ce n’est pas la même chose pour moi ? »

j’ai choisi de modifier la problématique en :

« Pourquoi ce devrait être la même chose pour moi ? »

À trop vouloir me conformer à ce que devait être un couple divorcé « normal », à trop écouter les bien-pensants, les bien-avisés, celleux qui ont toujours à la bouche une remarque, un conseil, j’ai perdu mon temps à m’expliquer cette relation, à y chercher une raison. Nous n’avions pas été un couple ordinaire, déjà nous suscitions des commentaires, plus ou moins intelligents d’ailleurs, comment aurions-nous pu être autrement une fois séparés ? Moi qui exergue la notion de normalité, je voulais à tout prix montrer de nous une relation comme les autres. Je perdais une énergie folle à justifier ma façon d’être et de faire.

Et j’ai réitéré les mêmes prises de têtes avec mes relations suivantes, incapable d’assumer mes choix de vie, comme celui d’être seule aujourd’hui et de ne plus vouloir partager mon quotidien avec quelqu’un d’autre. À chaque fois que j’explique aimer mon célibat on me regarde avec des yeux de chat potté genre :

– la pauvre elle ne trouve personne alors elle se persuade qu’elle est heureuse comme ça …

Une femme lové dans un gros nuage rose et jaune symbolisant la solitude et qui lui murmure  :  tu es tellement confortable !

Mais oui je confirme je suis heureuse ! Enfin non pas heureuse, ça voudrait dire que tout est parfait. Je suis joyeuse ! Voilà c’est pas toujours facile mais là, en moi, il y a de la joie. Je dirais même que je vis ma meilleure vie et que le plus beau est à venir. Je le sais parce que j’ai enfin réussi à trancher. Je me suis choisie, MOI ! Plus de ruminations. Plus de questionnements. Plus de retour en arrière.

Me voilà donc comme la copine Simone, la carapace toute molle, prête à me frotter à tous les Léon plus ou moins durs que je rencontrerai. Oui je me rends compte du double sens de ce dernier paragraphe. Et même que je vais en remettre une couche en vous confiant que j’adore la bisque de homard !

Alors à tous les homards du monde, les jeunes mous et les vieux durs ou inversement, je vous souhaite une magnifique Saint Valentin. Soyez en amour avec vous-même et avec qui vous voulez ! Soyez joyeux(ses) !

Mon Journal de Gratitude #13 : celle qui avait des bouffées de bonheur

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C’est hallucinant comme tout est mouvement, tout est changement. Il y a 3 semaines je voulais mourir et je me surprends aujourd’hui à respirer la joie de vivre. Je profite à fond de ces moments et je m’empiffre de bonheur. Sans vergogne. Sans regrets. Et même avec un brin de fierté. Ne dit-on pas qu’on récolte ce qu’on sème ? La moisson de ces derniers jours me laisse supposer que j’ai choisi les bonnes graines, le terrain adéquat, et que j’ai eu raison d’y mettre autant de force, de persévérance et de coeur. Bordel que c’est bon !

Pourquoi tant de bonheur tout à coup ? Il ne s’agit pas seulement de mon déménagement même si la liberté que me procure la vie citadine est un facteur améliorant. Je crois que c’est plutôt un déclic, quelque chose qui s’est décoincé, un verrou qui a sauté. Le fait d’avoir 40 ans ? Peut-être … Cela m’autorise sans doute à m’affranchir d’une certaine culpabilité dont je suis la seule responsable, que je m’inflige depuis trop longtemps. Je me sens plus légère, capable d’assumer mes choix, capable de vivre, d’aimer, de détester, de pardonner, d’éduquer, de m’exprimer, d’être tout simplement, comme je l’entends, comme je le peux aussi, sans m’écrouler sous le poids de ce qui se fait ou ce qui se dit. Bordel que c’est dur !

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J’ai aussi rejoint il y a quelque temps un groupe Facebook relatif aux « 3 kifs par jour » dont je vous ai déjà parlé. Une communauté de 2400 personnes, essentiellement des femmes, qui souhaitait relever le défi de trouver de quoi kiffer durant 7 petits jours malgré les merdes qui jonchent le trottoir de nos existences. Ça nous a tellement plu que nous avons demandé à ce que le groupe perdure et depuis plusieurs mois nous kiffons à l’unisson, nous soutenant et nous encourageant quotidiennement. Cet espace emprunt de gratitude et de sollicitude est une vraie source d’inspiration, même s’il est virtuel, même si ça compte « pour du beurre ». Et je crois qu’il fait partie de cette prise de conscience. Car comme nous aimons nous le répéter, nous sommes fabuleuses. Fabuleusement unique. Fabuleusement spéciales. Fabuleusement humaine. Bordel que c’est chouette.

Voilà donc un constat fort à propos puisque nous sommes dimanche et qu’est ce qu’on fait le dimanche ? On dit merci ! Et on fait sa petite liste de ce pourquoi on est reconnaissante cette semaine :

  • Oser poster un billet bisounours-licorne-paillettes et en être fière !
  • Voir la pile de cartons du déménagement se réduire.
  • Terminer (presque) dans les temps des documents importants pour son association.
  • Se faire draguer par un papa-barbu-basketteur transpirant mais trop craquant.
  • Organiser son prochain weekend pour rentrer au bercail et retrouver sa famille.
  • Réussir à garder et tisser les liens malgré la distance.
  • Ne plus ruminer ou ressasser.
  • Aimer et respirer mes Vies à en déborder.
  • Finir ce jour parfait comme il a commencer.