Mon Journal de Gratitude #15 : celle qui aimait Strasbourg

Et bien ! Presque six mois sans rien écrire, du moins sur le blog. Six longs mois durant lesquels j’ai pensé souvent à venir poser ici quelques mots et quelques maux aussi, vider mon sac parfois trop lourd à porter. Pourtant je n’en ai rien fait. Difficile alors de reprendre le fil de l’écriture. Je me suis dit qu’un Journal de Gratitude serait un bon moyen de retrouver le chemin. Et des raisons d’être reconnaissante j’en ai quelques unes!

Cela commence par Strasbourg. La magnifique Strasbourg. Je ne pensais pas tomber amoureuse de cette ville. Aucune autre n’a eu sur moi cet impact. Ni Grenoble où j’ai vécu plusieurs années, ni Paris que j’ai eu l’occasion de visiter à maintes reprises, ni les quelques autres où j’ai séjourné ou que j’ai pu traverser. Même pas Miami, c’est dire quel sentiment j’éprouve pour cet endroit. Je n’en sais pour l’instant que les incontournables déjà visiter et les quelques rues parcourues, il me tarde de la découvrir davantage et de vous en faire profiter.

Une autre raison d’éprouver de la gratitude, et qui est directement liée à Strasbourg, est d’avoir retrouvé une certaine autonomie. Ces presque vingt-quatre dernières années j’ai vécu en totale dépendances dans mes déplacements. Sans permis, en pleine campagne, j’étais tributaire d’abord de mes parents, puis d’Ex-Chéri-Coco, puis de mes accompagnantes pour la moindre sortie : courses, médecin, ciné, école, musique, sport, invitations, … tout devait être planifié. Depuis 6 mois je (re)découvre la liberté d’aller et venir. J’en ai eu les larmes aux yeux lorsque pour la première fois j’ai emmené les Lionnes seule chez le médecin. Ce qui vous parait tellement normal relevait de l’Everest pour moi. Aujourd’hui c’est simple comme un aller-retour en tramway. Et je ne cesse de me sentir pleine de reconnaissance d’avoir pu venir m’installer ici, envers moi-même qui ai eu le courage de tout quitter, et envers celui qui reste présent et soutenant malgré nos différends.

Vous l’aurez compris mon déménagement, bien qu’il me fasse me sentir parfois seule loin de ma famille et des mes ami-e-s, est sans doute le meilleur choix que j’ai pu faire ces quatre dernières années. Je suis allé au cinéma bien plus souvent en six mois que durant ma vie toute entière où j’ai vu entre autre :

L’improvisation et la spontanéité ont pris une place dans mon quotidien, donnant à mes journées de nouvelles couleurs. J’ose espérer que mon état de santé plutôt précaire ces derniers temps va s’améliorer et que l’arrivée de mon nouveau fauteuil va me permettre de sortir, rencontrer, découvrir, sentir et ressentir toujours plus l’énergie de cette ville et de ses habitant-e-s. Sur cette note optimiste je vous dresse une liste absolument non exhaustive de mes derniers kifs :

  • Participer à un atelier d’écriture qui fait du bien.
  • Savoir prendre les choses qui me touchent avec de plus en plus de sérénité.
  • Oser les rencontres, telles qu’elles soient.
  • Déserter les réseaux sociaux avec de plus en plus de facilité et de plaisir.
  • Réussir (presque) à dire non et en tout cas ne plus toujours dire oui.
  • Être une femme fabuleuse et une maman qui déchire, n’en déplaise aux mauvaises langues !

Belle fin de weekend à toutes et tous <3

 

 

 

Mon Journal de Gratitude #13 : celle qui avait des bouffées de bonheur

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C’est hallucinant comme tout est mouvement, tout est changement. Il y a 3 semaines je voulais mourir et je me surprends aujourd’hui à respirer la joie de vivre. Je profite à fond de ces moments et je m’empiffre de bonheur. Sans vergogne. Sans regrets. Et même avec un brin de fierté. Ne dit-on pas qu’on récolte ce qu’on sème ? La moisson de ces derniers jours me laisse supposer que j’ai choisi les bonnes graines, le terrain adéquat, et que j’ai eu raison d’y mettre autant de force, de persévérance et de coeur. Bordel que c’est bon !

Pourquoi tant de bonheur tout à coup ? Il ne s’agit pas seulement de mon déménagement même si la liberté que me procure la vie citadine est un facteur améliorant. Je crois que c’est plutôt un déclic, quelque chose qui s’est décoincé, un verrou qui a sauté. Le fait d’avoir 40 ans ? Peut-être … Cela m’autorise sans doute à m’affranchir d’une certaine culpabilité dont je suis la seule responsable, que je m’inflige depuis trop longtemps. Je me sens plus légère, capable d’assumer mes choix, capable de vivre, d’aimer, de détester, de pardonner, d’éduquer, de m’exprimer, d’être tout simplement, comme je l’entends, comme je le peux aussi, sans m’écrouler sous le poids de ce qui se fait ou ce qui se dit. Bordel que c’est dur !

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J’ai aussi rejoint il y a quelque temps un groupe Facebook relatif aux « 3 kifs par jour » dont je vous ai déjà parlé. Une communauté de 2400 personnes, essentiellement des femmes, qui souhaitait relever le défi de trouver de quoi kiffer durant 7 petits jours malgré les merdes qui jonchent le trottoir de nos existences. Ça nous a tellement plu que nous avons demandé à ce que le groupe perdure et depuis plusieurs mois nous kiffons à l’unisson, nous soutenant et nous encourageant quotidiennement. Cet espace emprunt de gratitude et de sollicitude est une vraie source d’inspiration, même s’il est virtuel, même si ça compte « pour du beurre ». Et je crois qu’il fait partie de cette prise de conscience. Car comme nous aimons nous le répéter, nous sommes fabuleuses. Fabuleusement unique. Fabuleusement spéciales. Fabuleusement humaine. Bordel que c’est chouette.

Voilà donc un constat fort à propos puisque nous sommes dimanche et qu’est ce qu’on fait le dimanche ? On dit merci ! Et on fait sa petite liste de ce pourquoi on est reconnaissante cette semaine :

  • Oser poster un billet bisounours-licorne-paillettes et en être fière !
  • Voir la pile de cartons du déménagement se réduire.
  • Terminer (presque) dans les temps des documents importants pour son association.
  • Se faire draguer par un papa-barbu-basketteur transpirant mais trop craquant.
  • Organiser son prochain weekend pour rentrer au bercail et retrouver sa famille.
  • Réussir à garder et tisser les liens malgré la distance.
  • Ne plus ruminer ou ressasser.
  • Aimer et respirer mes Vies à en déborder.
  • Finir ce jour parfait comme il a commencer.

Réflexions dominicales

Sur certains blogs je vois des pages « qui suis-je ? ». Perso je n’ai jamais eu besoin jusqu’à présent d’écrire « à mon propos ». Mes billets suffisaient à dire qui je suis et pourquoi je tiens ce blog. Or aujourd’hui s’impose à moi l’idée de dresser mon petit portrait et vous expliquer pourquoi « Les mots d’Amélie » va évoluer.

Au départ ce blog n’avait vocation qu’à accueillir des réflexions personnelles, souvent très personnelles même, sur mon quotidien et en particulier sur ma vie avec un handicap physique. J’avais besoin d’exprimer certains ressentis, les partager. J’ai souvent écrit qu’il faut que je vomisse tout ça. C’est irrépressible, ça doit sortir ! Je continuerai à le faire et sûrement plus profondément encore. Je m’interdis trop souvent d’aborder certains sujets, j’espère trouver l’audace et la manière d’y remédier ne serait-ce que pour imaginer vos mines déconfites devant l’écran !

Parallèlement une autre forme d’urgence se profile. Il me semble que j’emprunte un chemin nouveau où le handicap n’est plus l’élément central. J’ai l’impression de remettre les choses en place ou en tout cas d’être en bonne voie pour le faire et à chaque étape j’ai envie de vous livrer mon expérience. Cette nouvelle route est emprunte de pensée positive, de journal de gratitude, de communication non violente, de méditation, d’introspection, de philosophie et tant d’autres univers encore qu’il me tarde d’explorer et de partager avec vous.

Et puis il y a mon engagement associatif qui est important pour moi et au sein duquel je prends énormément de plaisir. Parce qu’il est fait d’émotions, de grandes et de petites victoires, de rencontres, de moments de vie intenses. Il est temps que je le mette à l’honneur.

Pour ne pas m’éparpiller et parce que j’ai besoin d’organiser mon esprit, j’ai donc décidé de créer des espaces bien distincts. Je ne sais pas encore comment. Mais j’y travaille. Et en attendant de trouver la bonne solution je vous souhaite un très bon dimanche. Ici dans l’est le soleil brille au dessus d’un léger voile nuageux, le clocher de l’église sonne 11h00, on entend des enfants jouer et des oiseaux chanter. C’est chouette, comme chez Delphine et Marinette.

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