Comme un lundi…

État des lieux

En relisant un peu mon blog histoire de me remettre à jour (par un phénomène que je n’explique pas j’oublie la plupart des textes que j’écris), j’ai pris conscience d’une chose : les seuls moments où je prenais la plume jusqu’à maintenant étaient ceux où je me sentais le plus mal, ceux durant lesquels la mélancolie m’envahissait et pouvait me noyer si je ne lâchais pas un peu de pression.

Lors de ces périodes je ne pouvais pas faire autrement que de noircir des pages et des pages de mes états d’âmes, toujours les mêmes, éternelles rengaines qui arrivaient à me fatiguer de moi-même. Je m’usais de l’intérieur à ressasser indéfiniment ce qui aurait pu ou ce qui aurait du, ce qu’il aurait fallu ou ce que j’aurais voulu si j’avais su. Bref trop de rimes en U. C’est foutu. On n’en parle plus ! Poil au c.. !

Et miracle ! En août dernier j’expliquais ici comment j’avais suturé mes plaies et surtout sublimé mes cicatrices à l’aide du Kintsugi. Trois mois plus tard, et alors que j’avais essayé auparavant toutes les manières possibles et imaginables de fermer mes blessures, je peux vous assurer que c’est la meilleure technique de tous les temps. Les fils dorés tiennent bon et diffusent une jolie lumière. Je me sens mieux à l’intérieur de moi. Je peux continuer à écrire le triste et le gris mais également le joyeux et le coloré. Je peux aussi écrire le reste. Tout le reste.

Le lundi c’est raviolis !

Je peux vous dire que nous sommes lundi 4 novembre, qu’il est 7h14 et que cela fait exactement 15 mois que nous avons déménagé. Mon nouvel appartement me plaît beaucoup même si la vue depuis ma chambre est très différente. Terminées les collines, le ciel bleu et la terrasse. C’est un immeuble que j’aperçois dorénavant. Ce matin je l’observe s’éclairer lentement au rythme des bureaux qui reprennent vie après la petite mort du week-end. J’entends les tramways arriver et repartir, le ventre rempli de gens, les mêmes qui allumeront les lumières de l’immeuble d’en face et de tous les autres, invisibles à mes yeux.

C’est un lundi matin sans mes filles, un lendemain de ces week-end sans elles mais avec d’autres, où je ne fais rien d’extraordinaire mais qui laissent de doux souvenirs par la qualité des moments partagés, souvenirs qui seront bientôt compilés dans ma mémoire des jours heureux.

J’éprouve une certaine gratitude en rédigeant ces lignes, je prends conscience du chemin parcouru et de celui qui s’offre à moi. Bien sûr la petite boule désagréable qui se niche au creux de mon ventre revient régulièrement et provoque un sentiment que je n’aime pas, celui qui me donne l’impression d’être enfermée à l’intérieur de moi. Et bien qu’il y fasse doux et que la décoration commence à ressembler à quelque chose, il y subsiste des zones d’ombre. Je sais que pour contrer cette sensation il me faut écrire. Écrire ce qui vient, laisser se déverser le flot, se débarrasser de ce qui stagne au fond de mes entrailles. Dire dire et redire. Dire l’obscurité. Dire la lumière. Dire toujours et encore parce que ça fait du bien quand ça dégage. Et même si j’ai conscience que tout ne disparaîtra pas, j’ai bon espoir de ne plus avoir à patauger dans la boue.

Je veux aussi dire le bon, le beau, le tendre, le doux. Apprendre à raconter ce qui met du baume au cœur et à l’âme. Ne pas attendre la vilaine petite boule et déverser aussi ce qui me rends heureuse. Un vrai challenge pour une introvertie comme moi mais que j’ai bien l’intention de relever … comme tant d’autres défis ces derniers temps pour lesquels je verserai prochainement des litres d’encre !

Il faut beaucoup de simplicité pour aimer

Le titre de ce billet n’est pas de moi. Je l’ai trouvé en cherchant (oui Amélie quand on cherche on trouve c’est évident) des citations sur la simplicité. Celle ci est de André Langevin, dramaturge et romancier québécois. Elle m’a beaucoup plu alors je lui ai donné la place d’honneur.

Si j’ai fait cette recherche c’est que cette semaine j’ai eu deux réponses désarmantes de simplicité à des questions qui me semblaient compliquées. Je suis en pleine remise en question en ce moment, dans un sens positif, et je crois que mon esprit est en alerte sur ce genre de petits détails, curieux et avide de découvrir les petits trucs sympas cachés dans les petits coins du quotidien.

Premier round : Vie N°2 qui aura 9 ans bientôt et que j’accompagnais à faire ses devoirs. Nous étions sur un exercice de conversions et j’essayais de lui expliquer tant bien que mal le pourquoi du comment. À un moment j’essaie d’élargir le sujet pour lui faire comprendre l’interêt des conversions, pensant notamment aux recettes de cuisine. Je lui demande alors quand est-ce qu’on se sert de ces foutues conversions. Elle réfléchit,  me regarde avec ses grandes billes toutes noires, hésite à se lancer, soupire, ouvre la bouche puis la referme et me répond enfin :

– « Quand on en a besoin ! »

Mon accompagnante qui cuisinait en nous écoutant a eu toutes les peines du monde à se retenir d’éclater de rire. Ma puce, qui a bien vu que mes yeux frisaient et que ma bouche tremblait aux commissures nous a demandé pourquoi ça nous faisait rigoler.

– « T’as bu du rosé ou quoi ? »

Non mon petit chat. Je ne commence pas l’apéro à 17:45. Je suis une fille correcte j’attends 18:00. Et je ne bois pas tout le temps quand même …

Sa réponse était juste. Juste et simple. Les conversions (c’est comme les mecs), c’est quand on en a besoin. J’ai tout de même pris le temps de lui expliquer à quels moments on pouvait en avoir besoin, justement, des conversions (pas des mecs hein, ça c’était avec mon accompagnante après le troisième verre de rosé).

Second round : celui à qui était destiné le billet Comment on fait ?
Un sms dans lequel il me répond :

-« On fait comme on peut ».

Merde c’est si simple que ça ? En y réfléchissant la réponse est oui. On fait comme on peut. Avec ce qu’on est.
Bon il a rajouté :

-« Et t’emmerdes les autres ! ».

Ça c’est pas trop ma façon de faire et il le sait. Il fait exprès. Je lui ai donc dis que d’accord on allait faire comme on pouvait. Du coup j’ai pu enlever mes pieds du seau de ciment. Et depuis je me sens toute légère. C’est bon la légèreté et la simplicité. Trop souvent on aime les choses compliquées ou compliquer les choses. On se pose mille questions. JE me pose un milliard de billiard de questions. Enfin jusqu’à peu. Et il n’y a pas que moi qui le dit que la simplicité c’est juste kiffant :

“La simplicité est la réussite absolue. Après avoir joué une grande quantité de notes, toujours plus de notes, c’est la simplicité qui émerge comme une récompense venant couronner l’art.” Frédéric Chopin

« La simplicité est la sophistication suprême » Léonard de Vinci

« La simplicité est le principe de l’art » Bruce Lee

« L’apparence requiert art et finesse; la vérité calme et simplicité » Emmanuel Kant

Et ma préférée :

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Me voilà donc avec une nouvelle mission, cultiver la simplicité et aller à l’essentiel. C’est même pas difficile. Belle soirée à vous, je vous la souhaite désarmante de simplicité <3