La mère (confinée) parfaite est une connasse !

Je crois que je l’ai écrit dans un précédent article, je me suis enfermée chez moi à mon retour de l’hôpital, soit cinq jours avant le confinement national. J’étais complètement terrorisée à l’idée d’attraper ce putain de virus alors que je ne m’étais pas encore remise de cette putain de grippe H1N1. Persuadée que j’allais mourir avant de revoir mes enfants, je vous laisse imaginer ma joie de rentrer à la maison et de les serrer dans mes bras.

Cette pneumonie m’a vraiment foutue à plat et j’ai tousser comme une vieille clopeuse pendant un mois. Heureusement papa et maman étaient là pour assurer l’intérim et j’étais prête à leur dire de rester vivre pour toujours avec nous tellement c’était rassurant et réconfortant de les avoir à mes côtés. Mais une petite voix m’a suggérée d’attendre un peu. C’était sûrement Rubis qui se voyait déjà manger à 19h tous les soirs et devoir terminer son assiette pour le reste de sa vie. Merci Rubis et pardon maman si tu me lis ❤️

Au bout d’un mois j’étais donc à peu près d’équerre et il était temps de reprendre un rythme normal. Enfin normal, je me comprends. Il était surtout urgent de se pencher sur cette fameuse continuité pédagogique et d’organiser des journées dignes de ce nom. Au début j’étais vraiment enthousiaste, je trouve qu’enseigner est un des plus beau métier du monde. J’en suis toujours persuadée mais seulement après 5 ans d’études, en évitant une période de confinement et sûrement pas pour ses propres enfants. Il n’empêche, j’étais carrément motivée. J’avais soigneusement imprimé tous les exercices, lu toutes les leçons, établi un emploi du temps d’enfer et suivi scrupuleusement les indications des profs. J’étais prête.

Vous vous en doutez j’ai vite déchanté. Sinon je vous aurais direct annoncé « Mais quel bonheur ce confinement, j’adore la continuité pédagogique ! ». Comme j’étais en retard sur le programme, j’ai voulu mettre les bouchées doubles dès les premiers jours en établissant un programme de 5h de cours quotidiens. En y repensant j’ai un rire nerveux face à l’étendue de mon insolente ambition et de mon incommensurable connerie.

Au bout de 30 minutes de la première heure du premier jour ma petite lionne, qui porte magnifiquement bien son surnom, était au bord de la crise de nerfs, debout sur sa chaise, toutes dents dehors et prête à me dévorer toute crue. Elle a déjà du mal à rester 20 minutes à table sans se lever quatre fois, comment ai-je pu imaginer qu’elle resterait cinq heures attentive, assise, à écouter gentiment sa maman lui faire classe. Quant à la plus grande il lui manquait la moitié de ses livres et ses amis, à qui elle parle H24, n’étaient pas foutus de lui envoyer une capture d’écran des exercices à faire. J’ai vite compris que ça n’allait pas être simple et que j’allais détester les futures publications des mères (confinées) parfaites.

Ça n’a pas loupé ! Dès le début du confinement les sites, les blogs, les réseaux sociaux se sont remplis d’anecdotes, de conseils, d’histoires absolument formidables à propos d’enfants qui apprennent sans problème et qui s’occupent sans allumer un seul écran de la journée. Perso j’ai péniblement réussi à négocier qu’elles ne prennent pas leurs téléphones avant d’avoir déjeuné et qu’elles le posent à 21h le soir. Et j’avoue que je n’en suis pas peu fière bien qu’elles dérogent aux règles un jour sur trois.

Si je devais comparer notre quotidien à celui, idyllique, relayé par internet, je devrais admettre que je suis en train de totalement foirer notre confinement. Chez nous pas de travaux manuels genre DIY. Le seul pain que nous avons fait était joli mais vraiment pas bon. Personne n’a ouvert un bouquin depuis 60 jours sauf ceux obligatoires pour l’école. Les filles dorment à même le sol sur leurs matelas, en ne fermant pas leurs yeux avant minuit pour se réveiller certains jours pas loin de midi. On arrive tant bien que mal à suivre la continuité pédagogique, qu’on rattrape pendant les vacances à l’encontre des préconisations des profs. Pour être franche au départ j’ai vraiment culpabilisé mais plus les jours passent et plus je m’en tape le coquillard.

Je dirais même que ce manque de rythme me va plutôt bien au teint. J’ai des racines de 3 cm, je ne me suis pas épilée depuis deux mois et demi et j’ai le même pull que je lave le soir pour pouvoir le remettre le lendemain matin. Et vous savez quoi, je le vis super bien ! Pourtant sur ce point là aussi, les médias ne nous ont pas loupé ! Entre les reportages sur comment rester sexy en temps de confinement et les vidéos sur la routine beauté quand on est enfermée, je me demande à quel moment on va nous lâcher la grappe. Je ne le faisais déjà pas avant c’est pas aujourd’hui que je vais m’y mettre. Que celles qui veulent être «propres et nettes » se fassent plaisir mais par pitié foutez la paix à celles pour lesquelles ce n’est pas essentiel. Ces injonctions à correspondre parfaitement à l’idée qu’on se fait de la beauté et ce, en toutes circonstances, sont fatigantes.

Bon je vous avoue que je vais quand même me faire une couleur ce soir. Non pas pour répondre à une pression quelconque mais parce que je ne suis pas prête à me voir avec les cheveux gris. En tous cas pas sur une longueur comme la mienne. Ce sera ma seule coquetterie de confinement.

Je pourrais continuer ce billet presque indéfiniment et vous parlez des tonnes de bonbons et barres chocolatées que les lionnes ont avalé depuis presque deux mois. Forcément rester à la maison sans avoir toujours un truc à faire ça donne envie de grignoter. Ça semble d’ailleurs être un problème pour beaucoup de monde, comme si terminer ce confinement avec cinq kilos de plus était une catastrophe. Moi je trouve qu’on sera mignons, tous rondouillards sous nos masques cet été. Rondouillards et alcooliques. Car à lire et entendre les gens, ils se sont tous mis à picoler. Au moins un bon point pour moi, je n’ai pas succombé à la tentation et je me cantonne à mon petit Bailey’s du soir.

Bon j’arrête ici l’étalage de mes parfaites imperfections, il est temps de se poser devant Netflix en grignotant des amandes et en sirotant un panaché. Pour la première fois depuis des semaines je suis seule et je savoure le calme de cet après-midi avant le désormais traditionnel apéro snapchat en famille.

Prenez soin de vous ❤️

Auteur : amelimellow

Femme et maman en situation de handicap, je livre ici mes états d'âme, mes pensées, mes coups de coeur et mes coups de gueule, sans concession ni langue de bois.

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