Des mots

De nos jours il est de bon ton de ne pas appeler les choses par leurs noms. Un aveugle est un mal-voyant, un nain est une personne de petite taille et moi je suis une personne à mobilité réduite. Je trouve ça un peu démagogique et je ne vois pas le problème à me qualifier de personne handicapée. C’est pas grossier il me semble … En plus mobilité réduite ça ne me parle pas.
Et comme si ça ne suffisait pas de me réduire quelque chose, l’administration a décidé de carrément se foutre de moi en inscrivant sur ma carte d’invalidité « station debout pénible ». Mon pote c’est pas pénible mais impossible qu’il faut écrire. Si c’était que pénible de me tenir debout, je serais pas là en train de geindre !
Il faudrait utiliser les bons mots, ça simplifierait les choses.
Dans le même esprit j’ai lu un jour inscrit à côté d’un ascenseur « Si l’ascenseur est en panne, prendre l’escalier« . Il parait que c’est de l’humour parisien, pourtant c’était à Grenoble.

Nos petits bouts

Hier a eu lieu la journée nationale du don d’organes. Jusque là je ne me suis  jamais vraiment intéressée à la question, je sais juste que le jour J tous mes petits bouts potables seront à disposition. Mais voilà que la copine Céline m’a secoué un coup avec cette petite merveille d’humour et de créativité :

Avoir un seul poumon de toi (ukulélé et… par celinextenso

Avec sa copine Albertine elles ont voulu « faire marrer la fille aux craies » qui attend une greffe. Et ça a tellement bien marché qu’elles ont fait un buz l’éclair que Céline vous racontera mieux que moi par ici.

Ca m’a fait réfléchir et j’ai discuté du sujet autours de moi. Résultat : 1 pour, 2 je sais pas et 1 refus. Bilan plutôt mitigé surtout que je m’attendais à ce que tout mon petit monde dise un grand Ouiiiiii plein d’entrain. Je suis un peu déçue du coup mais bien décidée à convaincre le plus de monde que le don d’organes est une bonne chose si tout est fait dans les règles. J’invite donc tous mes petits lecteurs à se rendre sur le site http://www.dondorganes.fr/ pour mieux se renseigner et dire un grand Ouiiiiii plein d’entrain !

Cinq ans

Aujourd’hui ça fait cinq ans que je suis devenue maman. En fait je devrais plutôt dire qu’aujourd’hui ça fait cinq ans que je suis devenue entière. Avant ça je n’étais qu’un bout, un morceau. Bien sûr je ne le savais pas, je me disais que si mon handicap ne me permettait pas de donner la vie il faudrait faire avec comme avec tout le reste, renoncer à une chose de plus et continuer sans trop se poser de questions. Mais quand même la pilule aurait été dure à avaler.

J’avais demandé à mon gynécotrobeau ce qu’il pensait de moi avec un gros bidon et sa réponse avait tinté doux à mes oreilles :

– « Je ne vois pas ce qui vous empêcherait de mener une grossesse à terme ».

Bon quand même il a voulu vérifier que ma vessie bionique allait supporter le choc. Voui voui a dit l’urologue, elle tiendra. Punaise j’étais bien embêtée car ce qui me semblait être insurmontable devenait tout d’un coup d’une simplicité déconcertante.

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Même pas peur …

En ce moment je décide beaucoup. Et entre autre j’ai décidé de tout dire. Voilà des années que je tergiverse entre trop et pas assez, entre l’envie de tout déballer et la peur de trop m’étaler. Comme dit mon beauf je suis une geek refoulée, une fan d’internet qui ne s’assume pas. Par exemple j’adore Facebook, j’aime voir les photos des gosses et des mariages de gens que je connais à peine, suivre les aventures amoureuses de ma voisine de 16 ans et les déboires d’une connaissance qui se prends pour un artiste et qui râle devant le peu de personnes qui ont cliqué sur le petit bouton « j’aime » de sa page. Je me délecte aussi de tous ces blogs où les gens parlent d’eux, d’eux et encore d’eux. J’aime ces vies balancées sur la toile qui rencontrent d’autres vies …
A chaque fois que j’ai commencé un blog j’ai toujours finit par être bloquée au bout de trois ou quatre articles. Je me disais tiens je vais raconter ça ou ça et puis ma pudeur sans doute m’empêchait de le faire. Genre :
– « Mais enfin Amélie tu vas pas écrire ça, si quelqu’un que tu connais te lit ça ne va pas le faire. »
Alors je n’ai jamais rien continué et je pense avoir supprimé au moins douze blogs en huit ans.

Finalement et après avoir lu des blogs de gens qui disent tout ou presque, j’ai décidé de tout dire moi aussi. Et de tout dire à propos de moi, de moi et de moi. Vous allez voir je suis un sujet passionnant et plein de surprises.